Leçons tirées des rois*

J’ai toujours été frappée en lisant l’histoire des rois de Juda et d’Israël, du contraste entre les rois qui consultaient Dieu et ceux qui n’en faisaient qu’à leur tête ou se fiaient à d’autres sources.

Les résultats étaient chaque fois édifiants et riches d’enseignement. On lit par exemple sur Ozias en 2 Chroniques 26:5 “Il s’appliqua à rechercher Dieu du vivant de Zacharie, qui avait l’intelligence des visions de Dieu ; et tant qu’il rechercha l’Éternel, Dieu lui donna du succès”. Notons bien le “tant que”, car Ozias ne l’a malheureusement pas fait tout son règne.

Sur Roboam, roi de Juda, il est écrit : “Il fit le mal, parce qu’il n’appliqua pas son cœur à rechercher l’Eternel”. (2 Chroniques 12:14). Et au verset suivant, il est écrit “Il y eut toujours des guerres entre Roboam et Jéroboam“. C’est-à-dire entre le royaume de Juda et celui d’Israël.

En 1 Rois 12, on voit l’origine de ce schisme. C’est parce qu’en ne consultant pas Dieu, Roboam n’écoute pas non plus les bonnes personnes. Il ne tient pas compte du conseil des anciens qui étaient au service de son père Salomon, pourtant un exemple de sagesse s’il en est ! Ils lui conseillaient d’être bon et doux avec le peuple d’Israël pour le rallier à lui. Mais lui choisit d’écouter ceux de sa génération qui lui conseillent d’être au contraire encore plus dur avec le peuple. Par conséquent, Israël se révolte et refuse de prêter allégeance à Roboam. Ce qui aboutit à la séparation entre les royaumes du Nord et ceux du Sud, entre Juda et Israël.

Les bons exemples comme les mauvais me donnent envie de consulter Dieu pour tous les aspects de ma vie. Et l’exemple de Roboam m’encourage à ne pas écouter les conseils de mon entourage avant de les avoir remis au filtre de ma relation avec Dieu, encore plus s’ils sont contradictoires !

Dans notre vie professionnelle, nous avons vraiment besoin de prendre l’habitude de consulter Dieu plus systématiquement. J’ai assisté en juin au Salon des Entrepreneurs Chrétiens, et un des intervenants, Stephan Tchividjian, disait que selon un sondage paru aux Etats-Unis, seulement 28% des croyants intégraient leur foi à leur travail de manière active. 34% compartimentaient le travail et la foi dans des boîtes différentes. Enfin, 38% étaient plutôt des observateurs : avaient la foi mais observaient juste ce qui se passait.

Comment peut-on intégrer davantage Dieu dans notre travail ?

Nous ne nous rendons pas forcément compte que nous ne consultons pas assez Dieu pour notre vie professionnelle. Voici quelques exemples où nous pouvons certainement progresser.

1. Lui remettre nos décisions professionnelles

Ce qui m’a toujours frappée chez David, c’est le nombre de fois où il consultait Dieu avant de se lancer dans une bataille ou avant de prendre une décision.

En 1 Samuel 23:1-4, on voit David consulter Dieu à deux reprises à très peu de temps d’intervalle : “On fit ce rapport à David : Voici que les Philistins ont attaqué Qeïla et qu’ils saccagent les aires. David consulta l’Éternel en disant : Irai-je et battrai-je ces Philistins ? L’Éternel lui répondit : Va, tu battras les Philistins et tu sauveras Qeïla. Mais les hommes de David lui dirent : Nous voici dans la crainte, ici même en Juda, que sera-ce si nous allons à Qeïla contre les troupes des Philistins? David consulta encore l’Eternel, et l’Eternel lui répondit : Lève-toi, descends à Qeïla , car je livre les Philistins entre tes mains”.

David, en apprenant l’attaque des Philistins, aurait pu réagir sous le coup de l’émotion, la colère en l’occurrence. Mais il prend le temps de consulter Dieu. Et lorsque ses hommes expriment de la crainte, de nouveau, il se tourne vers Dieu.

Qu’en est-il pour nous ? Consultons-nous Dieu avant de dire “oui” ou “non” à un projet, à une demande importante ? Réagissons-nous au quart de tour quand une situation inattendue surgit ou prenons-nous le temps de nous arrêter et de prier dans notre tête quelques instants ? Comme David avec ses hommes, comment traitons-nous les objections de nos collègues ou nos responsables ?

Le monde du travail est rapide et nous pouvons être tentés de répondre du tac au tac. Les gens semblent attendre des réponses par SMS ou e-mail par retour. Si nous ne prenons pas au moins quelques secondes pour prendre du recul et réfléchir avec Dieu, nous pouvons nous retrouver avec un engagement pesant pour des semaines ! Un mistigri dont nous nous serions bien passés et qui va nous empêcher de réaliser les projets uniques que Dieu avait prévus pour nous, au travail comme en dehors.

Ou au contraire nous allons réagir de manière très négative à une nouvelle situation, faute d’avoir remis ce qui peut être une belle opportunité à Dieu.

2. Lui remettre nos relations professionnelles

Toujours en 1 Samuel 23, on retrouve David un peu plus loin, qui prend connaissance d’un complot de Saül contre lui (1 Samuel 23:9). Il consulte alors Dieu pour savoir si cette attaque est vraiment réelle et si la ville de Qeïla va le livrer entre les mains de Saül ou non. Ayant eu deux réponses positives à ces questions, il fuit la ville et Saül renonce alors à son expédition.

De la même façon, nous pouvons confier à Dieu nos interrogations sur nos relations professionnelles. Avez-vous jamais ressenti que quelqu’un ne vous appréciait pas au travail et cherchait à vous mettre des bâtons dans les roues ? Pourquoi ne pas demander à Dieu confirmation ou infirmation et vous indiquer la voie à suivre ?

Parfois, à cause de la médisance rampante au travail, et de ce que les collègues nous rapportent, nous nous imaginons que quelqu’un nous veut du mal ou même veut notre place. Encore une fois, demandez à Dieu de clarifier la situation et de vous montrer clairement ce qu’il en est.

Rappelons-nous que, comme Roboam, si nous n’adoptons pas la bonne stratégie dans les relations difficiles, nous pouvons avoir comme lui, des ennemis à vie sur notre lieu de travail !

3. Lui remettre nos croisées des chemins

Nous n’avons pas tous les jours des croisées des chemins, mais régulièrement, et de plus en plus à notre époque, nous nous interrogeons sur notre voie professionnelle. Faut-il changer d’entreprise ? Changer totalement de métier? Arrêter de travailler pour s’occuper de nos enfants ? Créer une entreprise ?

Je pense que dans ce type de circonstance, nous avons davantage le réflexe de consulter Dieu. Car nous en apercevons les enjeux et les conséquences possibles pour nos vies.

Cette semaine, je repensais à Hébreux 11:6 : “Or, sans la foi, il est impossible de lui plaire ; celui qui s’approche de Dieu doit croire qu’il existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent”.

Souvent, dans ce type de situation, nous avons surtout besoin de croire et d’être rassurés sur le fait que la réponse de Dieu sera claire et nette. Pour cela, quelques Écritures réconfortantes :

Proverbes 16 : 3 : “Recommande à l’Eternel tes œuvres et tes projets se réaliseront”.

Ou encore :

Psaumes 25:12 : “Quel est l’homme qui craint l’Éternel ? L’Éternel lui montre le chemin qu’il doit choisir.”

Personnellement, je me trouve à cette croisée des chemins en ce moment. Au plus profond de mon coeur, je ressens l’appel de Dieu à écrire pour Lui, à m’exprimer pour Lui. Peut-être écrire un livre sur la vie professionnelle, ou créer une formation en ligne en lien avec la foi. A partir de ce soir, j’aurai le bonheur d’assister en streaming à la conférence She speaks, qui équipe les femmes qui souhaitent parler, écrire ou diriger pour Dieu. J’ai tellement hâte!

Mais je sais que je dois aussi sécuriser un revenu pour ma famille. Et même sur ce sujet, je ne suis pas trop sure quelle voie emprunter. J’ai travaillé 25 ans dans la comptabilité et la finance, et cela me plaisait énormément. Mais je ressens moins d’appétence pour les chiffres depuis quelques mois. J’ai la compétence pour le faire mais moins d’élan qu’avant. Cela me fait plaisir d’assister mon mari de cette manière, mais je n’aspire pas forcément à le faire pour l’extérieur. Alors j’interroge Dieu à ce sujet : est-ce lui qui m’appelle à faire autre chose ? ou dois-je me pousser à nouveau sur cette compétence plutôt lucrative et vivre mon rêve “à côté”?

Sinon, je suis contente d’avoir monté cette formation en ligne “Dirigez vos réunions efficacement“. Mon but est de pouvoir en faire plusieurs pour générer un revenu dit “passif”, afin de me consacrer à terme à l’écriture. Mais pour l’instant, je n’ai aucune idée de ce que ça va donner.

Alors je consulte Dieu sans relâche, parfois plusieurs fois par jour. L’autre fois, Dieu m’a un peu “calmée” quand même en me rappelant “A chaque jour suffit sa peine” (Matthieu 6:34). J’étais tellement en train de me projeter dans le futur à me poser des questions, qu’il a dû me retenir gentiment dans le présent. En attendant qu’il me fasse connaître son plan, je me suis remise à ce que je devais faire sans aucun doute pour aujourd’hui!

En même temps, je reçois beaucoup d’éléments de réponses et de sagesse. Par exemple que mon appel à écrire ne se fera jamais indépendamment de mes autres rôles dans la vie. Cela dépendra aussi des saisons de vie dans lesquelles je suis. Pour le reste, je suis convaincue que cela s’éclaircira dans les prochaines semaines !

Conclusion

Pour finir, j’aimerais citer l’Ecriture de Proverbes sur l’appel de la Sagesse. On lit en Proverbes 1:20-21 : “La Sagesse crie dans les rues, elle élève sa voix dans les places ; elle crie à l’entrée des lieux bruyants ; à l’entrée des portes, dans la ville, elle prononce ses paroles”.

Je suis sure que la Sagesse crie tout autant aujourd’hui dans nos bureaux, dans nos écoles, nos hôpitaux, partout où nous travaillons. Elle nous appelle à consulter Dieu sur tous les sujets, et en particulier le travail.

Aurons-nous l’humilité de l’écouter et de la consulter ?

*Note : Beaucoup d’Écritures que je cite sur les rois sont extraites d’une étude du site Béthel, que j’ai découverte en essayant de retrouver les Écritures de l’Ancien Testament sur le thème “Consulter Dieu”. Voici le lien . Je vous recommande notamment d’approfondir avec l’exemple de Rebecca que je trouve très intéressant : demander à Dieu de nous expliquer une situation que nous ne comprenons pas. Bonne étude!

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