Depuis que je suis des formations à l’entrepreneuriat, j’entends continuellement parler de l’importance de « passer à l’action ». Et autant de contenus sont consacrés aux obstacles au passage à l’action.

En tête de liste, le fameux syndrome de l’imposteur. On retrouve aussi le terme de « stratégies d’évitement » qui a le mérite d’être clair. Sans parler de termes plus forts comme stratégie d’échec et auto-sabotage.

Dans l’article d’aujourd’hui, j’aimerais parler d’un obstacle dramatiquement dommageable à l’action : notre mauvaise image de Dieu. Je voudrais vous parler de l’exemple d’une personne qui n’a strictement rien fait à cause de ses peurs et de sa vision déformée de Dieu.

La Parabole des talents (Matthieu 25 :14-30)

Dans la parabole des talents racontée en Matthieu 25, un homme qui doit partir en voyage, confie ses richesses à trois de ses serviteurs. Il en confie des quantités variables à chacun (5, 2 et 1), selon les capacités de chacun.

Il n’y a donc aucun déséquilibre de départ entre l’ampleur de la mission et la capacité de la personne à laquelle elle est confiée.

Le talent était une unité de monnaie pesée, et pas encore le don auquel on l’associe actuellement. Quand je pense au fait que le maître leur confie de l’argent, je me dis que si cela avait de la valeur pour le maître dans la parabole, de la même façon, ce que Dieu nous confie a de la valeur à ses yeux.

Il nous confie tant de « biens » qui lui sont chers : des personnes qu’il a placées spécialement dans nos vies, des situations dans lesquelles il aimerait que nous intervenions, des connaissances spécifiques qu’il nous a transmises, et même des biens matériels qui sont le fruit de beaucoup de travail pour arriver jusqu’à nous.

Tout ce qu’il nous demande, c’est de faire valoir et fructifier ce qu’il nous confie, afin que nous puissions entrer dans sa joie et qu’il nous bénisse encore davantage : « Bien, bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de choses, je t’établirai sur beaucoup ; entre dans la joie de ton maître » (Matthieu 25 :21 et 23).

Nous retrouvons ici l’esprit de Jean 15, où nous glorifions Dieu en portant du fruit et où il souhaite nous donner sa joie complète, ainsi que répondre à toutes nos demandes dans cette communion totale de cœur et d’esprit.

Cependant, si les deux premiers serviteurs font aussitôt valoir ce qui leur a été transmis et partagent la joie de leur maître, le troisième n’en fait rien et enterre même la richesse qui lui a été remise.

La raison qu’il invoque : la peur.

« J’ai eu peur et je suis allé cacher ton talent dans la terre…. » (Matthieu 25:25).

La source de sa peur était en fait une très mauvaise image de Dieu. Il pensait que Dieu était dur et allait profiter de lui : «Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n’as pas semé, et qui récoltes où tu n’as pas répandu » (Matthieu 25 :24).

Ce qui est intéressant, c’est qu’il dit « je savais » comme s’il énonçait une vérité sur Dieu, alors que rien n’est plus faux que ce qu’il énonce.

On constate en fait exactement le contraire en Jean 4 où Jésus nous compare à des moissonneurs qui n’ont pas eu grand-chose à faire, et qu’il veut simplement associer à la joie de la moisson. En Jean 4 : 36 on lit : « Déjà le moissonneur reçoit un salaire et amasse du fruit pour la vie éternelle, afin que le semeur et le moissonneur se réjouissent ensemble. »

Dieu est bon et veut une collaboration fructueuse et joyeuse avec nous.

Le troisième serviteur semble être passé totalement à côté de ces dimensions. Son maître est vraiment en colère contre lui, car même dans l’hypothèse où ses pensées avaient été justes (il serait un maître dur et injuste), il n’a pas fait le minimum qu’il aurait pu faire : placer l’argent à la banque pour en retirer un intérêt pour son maître. C’est pourquoi ce dernier le traite de méchant et paresseux.

On retrouve cette notion en Luc 19 :11-26 dans la parabole des mines en verset 22 : « Je te jugerai sur tes paroles, mauvais serviteur ; tu savais que… ». Ainsi même notre mauvaise perception de Dieu n’est pas une excuse pour notre totale inaction !

Cependant, à choisir, nous préférons tous être empressés, fructueux et joyeux dans nos actions comme les deux premiers serviteurs. Et « doubler la mise » pour Dieu plutôt que juste récupérer un intérêt.  

Notre première manière de surmonter notre peur d’agir est donc de changer nos représentations et nos croyances profondes.

Récemment, je me suis rendue compte que j’avais quasiment en permanence une angoisse diffuse liée à ma nouvelle activité professionnelle.

Pourtant, je suis ma propre chef, je dispose de plusieurs mois devant moi pour déployer mon activité, personne ne me met de pression particulière.

J’ai réalisé que mes représentations internes étaient négatives. Je me voyais échouer plutôt que réussir. Je me voyais bloquée plutôt qu’en train d’avancer.

Quand je m’imaginais réussir matériellement, j’avais soudain peur de mal utiliser mon argent dans un futur hypothétique…

Bref, j’étais contrôlée par des peurs continuelles dans tous les scenarii envisagés, pas étonnant que je ressentais cette angoisse diffuse.

En m’écoutant parler à une amie, j’ai pris conscience que je n’honorais ni Dieu ni moi-même avec de tels raisonnements.

Dieu a mis sur mon cœur l’Ecriture de Matthieu 7:9-10 : « Quel homme parmi vous donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain ? Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ? »

Comme notre serviteur de la parabole, mes pensées reflétaient l’image d’un père dur et non d’un père aimant qui veut me bénir et me donner de bonnes choses dans ma vie professionnelle.

Aussi, contrairement au roi David, qui avec son Dieu sautait les murailles (Psaumes 18:30), j’étais déroutée devant la moindre difficulté car je n’avais pas cette image positive et spirituelle d’un père aimant prêt à m’aider à affronter les obstacles les uns après les autres.

En Hébreux 11:6, Dieu nous rappelle que « sans la foi il est impossible de lui plaire ; celui qui s’approche de Dieu doit croire qu’il existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent ».

Heureusement, en changeant mes représentations, en visualisant les choses que j’espère plutôt que celles que je redoute, petit à petit ma foi augmente et ma confiance également.  

Je veux imiter le cœur de David, qui proclamait en Psaumes 18 :36 « Ta mansuétude me fait devenir grand ». C’est la bonté de Dieu que je veux comme moteur pour progresser et agir. Je veux être joyeuse et non angoissée dans chaque action que je prends. Je veux expérimenter sa joie et son amour dans ma vie professionnelle comme dans ma vie personnelle, ce sera ma manière d’honorer sa nature profonde.

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