Il y a quelques semaines, j’ai témoigné de mon expérience de burn-out à un Meet Up d’entrepreneurs. Je me suis dit que ce sujet pouvait vous parler également.

Voici donc une adaptation du message que j’ai adressé à cette occasion.

Tout d’abord partons d’un constat : celui d’une France coupée en deux. En effet, plus d’un français sur deux ne se plaît pas à son travail.

Soit il s’ennuie, c’est le bore-out,                   

Soit il s’épuise, c’est le burn-out,                                               

Soit il ne trouve pas de sens à ses missions, c’est ce qu’on appelle le brown-out.

Brown-out signifie littéralement, un manque de tension, de jus, de courant.

A 51 ans, après 28 ans de vie professionnelle, voici les leçons de vie que j’aimerais partager avec vous.

1°) Votre santé est précieuse

J’ai mis des années à comprendre que mon corps était précieux. Il y a en moi un mélange explosif de perfectionnisme et de désir de faire plaisir aux autres. Avec ces deux tendances viennent immanquablement deux peurs :

  • peur de me tromper et
  • peur de déplaire ou décevoir.

Cela m’a rendue une très bonne responsable financière, consciencieuse, ne ratant aucune échéance, ne disant jamais non.

Le problème avec cette tendance, c’est que si vous ne posez pas de limites, les entreprises continuent de vous en confier toujours davantage.

C’est ce qui m’est arrivé entre 2003 et 2011 alors que j’étais responsable des finances d’une filiale d’un groupe coté aux Etats-Unis. On m’a d’abord confié la filiale française. Comme cela se passait bien, on m’a confié la filiale anglaise. Comme cela se passait toujours bien, on m’a confié les RH et les achats en plus des finances. C’était très gratifiant et mon salaire a augmenté.

Mais ensuite, après quelques années, on m’a confié l’intégration de trois filiales suédoises. Au même moment, j’ai eu dans mon équipe un congé maternité et une personne moins disponible et efficace du fait de soucis personnels. Cela a créé un effet ciseau entre les demandes qui augmentaient et les ressources qui diminuaient.

Autant dire que cela a été le début de la fin. Etant très responsable, j’ai voulu continuer à assumer toutes ces charges tout en ayant beaucoup trop sur mes épaules et une équipe sur laquelle je ne pouvais plus m’appuyer. En 2010, j’ai commencé à avoir des difficultés à dormir. Mais surtout, avec le stress et la fatigue, j’avais des moments de blanc. Je n’arrivais plus à me concentrer. Les chiffres étaient comme bloqués devant mes yeux. J’étais censée préparer un budget, j’étais en réunion avec le président, mais rien de clair ne sortait de ma bouche, un vrai cauchemar.

J’ai appris plus tard que les deux hormones du stress, le cortisol et l’adrénaline n’étant pas censées être sécrétées en continu, un stress trop continu provoque ce type de symptôme. Si ce sujet vous intéresse, je vous invite à aller voir l’excellente vidéo Youtube de Jeanne Muvira.

C’est la médecine du travail qui a sonné la sonnette d’alarme et m’a envoyée chez le médecin. Toutes les analyses de sang étaient au rouge. Ou plutôt en gras. Elle m’a arrêtée et pendant quelques semaines, j’étais incapable de faire le moindre petit effort intellectuel.

C’est dur, c’est humiliant. Peu de temps après, j’ai négocié une rupture conventionnelle.

Les leçons de mon Burn-out

Ce que je retiens ce cette expérience :

  1. J’ai besoin d’évaluer en conscience ce que je suis capable de porter, mais surtout être humble et courageuse en connaissant et exprimant mes limites. Je ne suis pas l’entreprise. Je n’ai pas à compenser physiquement et émotionnellement pour ses manquements en continu : manque de budget, manque d’effectif, manque de management…
  2. Je dois aussi résister à l’attrait des compliments. Je suis très sensible aux paroles valorisantes et donc quand on me dit : «vous avez fait un super boulot Armelle. C’est vraiment excellent. Je pensais vous confier aussi ça. » Forcément, on se sent valorisée, on se sent pousser des ailes et on oublie d’examiner calmement si on peut vraiment prendre des responsabilités supplémentaires.

J’aimerais vous dire qu’à partir de là tout s’est bien passé, mais ce ne serait pas vrai. J’ai eu encore des moments dans ma vie professionnelle où j’ai eu tendance à prendre des responsabilités qui n’étaient pas les miennes et à trop en faire. Ce n’est pas aussi simple que l’on pense de changer nos schémas !

Mais avec les années, j’ai appris à mieux gérer mes ressources en énergie, à moins charger mon emploi du temps et à chercher plutôt la pertinence, le focus dans ce que je fais, plutôt que la quantité. Voyez mon article sur le meilleur oui comme un pas assumé dans cette direction !

Le travail, c’est la santé, mais garder sa santé, c’est du travail. Cela nous oblige à faire des choix, à intervenir là où nous apportons vraiment quelque chose d’unique.

2°) Votre famille est précieuse

Quand j’ai quitté cette entreprise, j’ai pu emmener ma fille de 5 ans à l’école le matin et la récupérer le soir. La maîtresse m’a dit : « Ah c’est vous la maman. Je ne vous avais jamais vue. » C’est vrai que je la déposais à la garderie le matin et une baby-sitter la récupérait le soir, donc je ne voyais jamais la maîtresse.

Très peu de temps après, elle m’a dit : vous savez, votre fille se concentre beaucoup mieux depuis que vous avez changé d’activité. Elle est beaucoup plus calme, plus heureuse. Cela n’a rien à voir.

Franchement, je n’avais aucune idée des difficultés de concentration de ma fille de 5 ans. Pour moi, elle jouait beaucoup et apprenait des choses de manière ludique en maternelle. Je ne me rendais pas compte qu’elle souffrait de mon stress et de mon manque de présence.

Vous pouvez avoir l’impression que votre vie professionnelle n’a que peu d’impact sur vos enfants mais pas du tout. Ils ressentent tout, notamment votre mal être. Ce sont de véritables éponges…

Franchement, c’est difficile en tant que maman de tout concilier. Je me souviens d’une fois où j’étais en pleine réunion avec les commissaires aux comptes et la crèche a appelé. Ma fille avait de la fièvre, il fallait aller la chercher. J’ai dû tout ranger, prendre mon ordinateur et aller la récupérer. Mais cela ne s’arrête pas là. Une fois à la maison vous devez à la fois prendre soin de votre enfant malade et vous reconnecter à votre PC pour répondre aux questions par mail des auditeurs. Et franchement, vous vous sentez tiraillée : ni pleinement satisfaite de la façon dont vous prenez soin de votre enfant malade, ni pleinement satisfaite de la manière dont vous traitez votre travail.

Je me souviens aussi d’un voyage au siège aux US que je devais faire pour présenter un budget et nous étions plusieurs du comité de direction à y aller. J’étais la seule femme. Et je voyais bien que pour eux, ils n’avaient qu’à faire leur valise et embarquer. Pour moi, je devais organiser tout le baby-sitting pour mes enfants, laisser des instructions pour les affaires de piscine et de danse pour les activités des filles, mettre des post-it sur le frigo pour mon mari et ma maman. Quand je suis revenue après une semaine, dans le brouillard du fait du décalage horaire, la panière à linge débordait et c’est ce que je ressentais aussi !  

De l’extérieur, cela parait très classe d’être Directrice financière. Vous avez de jolis vêtements et un bon salaire. Mais il y a un coût derrière, et que personnellement j’ai eu de plus en plus de mal à payer. D’autres femmes avec une meilleure résistance physique et émotionnelle, avec une approche différente, y arrivent certainement, mais pour moi c’était compliqué.

Et j’ai évoqué le sujet des enfants. Mais votre mari, votre femme comptent tout autant, même s’ils sont adultes. Lorsque nous n’avons que les miettes de nous-mêmes à offrir le soir, toute la famille en pâtit.

Je suis restée en contact avec une collègue de la boîte où j’ai eu mon burn out. Elle m’a dit qu’ils avaient jeté tous les reportings financiers que j’avais faits, car cela faisait plusieurs années déjà.

Quand on pense à tout le stress, tout cet épuisement pour des documents qui sont maintenant à la benne, est-ce que ça vaut la peine que nous et nos familles en souffrions au-delà du quotidien raisonnable ?

Il y a un an, j’ai fait le choix de quitter mon poste et de développer une activité en ligne principalement depuis la maison. Je démarre, mais je sais que je veux que ma vie professionnelle rayonne autour de mon foyer, et non l’inverse.

Le temps que nous avons avec nos enfants pour les élever est tellement court. On ne s’en rend pas compte quand ils sont petits, mais ça passe vraiment vite. L’intervalle de temps pendant lequel nous pouvons avoir une influence sur eux est tellement limité.

Etre présente, physiquement et émotionnellement est vraiment très important pour moi.

Je veux vraiment vous encourager à prendre le facteur “famille” en compte dans votre équation professionnelle. Que vous soyez un homme ou une femme. Les modalités seront probablement différentes des miennes, mais tenez-en compte! Cela peut inclure par exemple les temps de trajet, le niveau de stress, le nombre de déplacements à l’étranger etc.

Je vous le dis : vos familles sont précieuses. Sachez investir dans l’or qu’elles représentent!

https://jobdecoeur.fr

3°) Vos talents uniques sont précieux

J’écoutais récemment qu’il y a une chance sur 50 milliards que vous ayez cette combinaison unique de talents et de compétences. Vous êtes uniques, vous avez une contribution unique à apporter au monde.

Pendant 28 ans je n’ai travaillé techniquement qu’autour de la finance et la comptabilité.

Mais je ne me résume pas à une capacité à manier des chiffres et à produire un bilan et un compte de résultat.

Je ne suis pas que comptable ou que DAF. Vous n’êtes pas que commercial(e) ou qu’assistant(e)…Ou que professeur(e), que vendeuse etc.

En faisant un travail sur moi-même et mes forces, j’ai réalisé que j’adore le développement personnel, j’aime profondément écrire, j’ai de l’empathie, de la compassion, de l’expérience ! J’ai aussi un sens de l’organisation, un esprit d’analyse et de synthèse.

Je ne suis pas cantonnée à une case, et vous non plus !

Si vous ressentez du bore-out, du brown-out ou du burn-out, réfléchissez ! Vous n’êtes peut-être tout simplement pas à la bonne place. Ou votre approche au travail n’est peut-être pas la bonne.

En tout cas, ne renoncez pas au rêve d’une vie professionnelle et personnelle épanouie. Ne baissez pas les bras. Osez rêver. Ecoutez votre cœur.

Si vous ne savez pas encore quoi faire, faites des petits pas. Faites des recherches sur internet, lisez des livres, parlez-en autour de vous.

Listez vos valeurs, listez vos forces. Osez créer de la valeur pour vous et votre famille.

Il y a un pont possible entre notre vie professionnelle et qui nous sommes profondément à l’intérieur. Il faut juste persévérer pour le découvrir.

En ce qui me concerne, je tâtonne toujours, j’ai des hauts et des bas, mais je n’abandonnerai pas avant d’avoir trouvé les clés d’une vie professionnelle épanouie. Vous pouvez compter sur moi pour partager avec vous mes trouvailles !

Si vous voulez échanger davantage, n’hésitez pas à m’écrire ou à rejoindre le groupe Facebook privé ci-dessous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *